L'Europe poursuit son rebond, veut croire à un apaisement sur l'Iran
information fournie par Zonebourse 31/03/2026 à 08:43
Les investisseurs avaient déjà accueilli avec un certain soulagement, hier, les dernières déclarations de Donald Trump, qui a évoqué des discussions "sérieuses" avec la République islamique tout en maintenant dans le même temps un ton ferme en appelant à la réouverture du détroit d'Ormuz sous peine de frappes visant les installations pétrolières et les centrales électriques iraniennes.
De son côté, Téhéran a rejeté ces propositions, les jugeant irréalistes, ce qui témoigne de la fragilité des espoirs d'une prochaine désescalade.
"Le brouillard de la guerre perdure", déplore ce matin Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet Asset Management.
"Les rumeurs vont bon train", poursuit l'analyste. "Certains s'attendent à une action militaire d'envergure des Américains à l'occasion du week-end prolongé du 3 au 5 avril. L'administration Trump pourrait profiter de la fermeture pendant trois jours des bourses pour une action spectaculaire sur le terrain qui sonnerait également la fin du conflit côté américain", précise-t-il.
"D'autres continuent de croire à une solution diplomatique", rappelle le stratège.
L'espoir d'une désescalade favorise le retour à l'achat
Chez LBP AM, on dit ainsi conserver une position de prudence en matière d'allocation d'actifs face aux fortes incertitudes qui persistent à court terme, tout en misant sur l'hypothèse d'un retrait stratégique des Etats-Unis, qui aurait pour effet de ramener le calme relativement rapidement.
"Notre scénario central est toujours celui d'une résolution du conflit au Moyen-Orient dans le mois à venir, permettant le retour de la prise de risque dans un contexte qui devrait rester porteur grâce aux soutiens publics à la croissance", explique Sebastian Paris Horvitz, le directeur de la recherche chez la division de gestion d'actifs de La Banque Postale.
En regardant l'évolution au fil du premier mois de cette guerre, le marché semble effectivement avoir intégré beaucoup de mauvaises nouvelles, certains titres ayant maintenant perdu entre 20% et 25% ce qui pourrait motiver certains investisseurs à se lancer dans une chasse aux bonnes affaires et à se positionner de nouveau à l'achat.
L'inflation, l'autre front qui inquiète les marchés
Au-delà des tensions géopolitiques, les investisseurs s'inquiètent d'une nouvelle envolée de l'inflation susceptible d'entraîner un resserrement plus rapide et plus marqué que prévu de la politique monétaire des grandes banques centrales, ce que certains économistes considèrent déjà comme une erreur potentielle.
Avec la récente flambée de l'énergie, les chiffres préliminaires de l'inflation en zone euro pour le mois de mars seront suivis de près à 11h00.
Le consensus s'attend ainsi à ce que l'inflation totale se tende de 1,9% à 2,6% sur le mois qui s'achève, avant de dépasser le seuil de 3% dans le courant du deuxième trimestre avec la transmission du choc pétrolier sur les autres composantes des prix.
L'or noir toujours sous pression
Signe que les intervenants gardent des pincettes en attendant de voir comment les choses vont se dérouler, les cours du brut continuent d'évoluer sur des plus hauts de quatre ans, soutenus par la perspective d'une fermeture prolongée du détroit d'Ormuz qui pourrait perturber durablement l'approvisionnement mondial.
Pour Enguerrand Artaz, le stratégiste de La Financière de l'Échiquier (LFDE), il s'agit bien là du coeur du problème.
"Peu importe les reculades du président américain sur sa menace envers les infrastructures iraniennes et son assurance que les négociations se déroulent au mieux : seule une réouverture officielle du détroit d'Ormuz permettra de soulager les marchés", prévient le professionnel.
Preuve de la nervosité des opérateurs, le baril de Brent gagne encore 0,5% à 107,4 dollars ce matin après avoir atteint dans la soirée d'hier de nouveaux plus hauts depuis 2022, au-delà de 110 dollars. Celui du brut léger américain (WTI) avance plus modestement de 0,1% à près de 103 dollars, après un pic à plus de 106 dollars.
Entre volonté de rebond technique et persistance de l'aversion au risque
L'incertitude sur l'évolution au Proche-Orient avait déjà pesé à Wall Street lundi soir, où le Dow Jones avait légèrement progressé de 0,1% à 45 216,1 points, tandis que le Nasdaq 100 cédait 0,8% à 22 953,3 points.
Les contrats à terme sur les deux grands indices signalent pour l'heure des gains de plus de 0,5% à 0,6% à l'ouverture mardi.
La Bourse de Tokyo perdait 1,2% mardi, rattrapée par le climat général d'aversion au risque. En Chine, les indices évoluaient aussi dans le rouge, avec des replis de l'ordre de 0,3% pour le Hang Seng de Hong Kong comme pour le CSI 300.
Le rendement des Treasuries à dix ans perd quasiment dix points de base à 4,34%, les craintes géopolitiques l'emportant sur les tensions inflationnistes.
Sur le marché des changes, l'euro reste sous pression face aux craintes sur l'Iran après avoir reculé de quasiment 3% sur le mois écoulé et évolue à 1,1466 dollar ce matin.
Sur le marché des changes, les valeurs jugées sûres comme le yen, le franc suisse et le dollar retrouvent quelques couleurs, tout comme l'or, signe que la prudence reste bien de mise sur les places financières.
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